Lettre d’un Curé à ses paroissiens

5 mars 2009

Lettres d’un Curé à ses paroissiens
Nous présentons dans ces pages trois écrits du Rev. Père Louis Demornex,
curé de Fontanaradina, Corigliano et Aulpi  de Sessa Aurunca, Province de Caserte, Italie.
Après avoir expérimenté pendant des années, l’insuffisance du Novus Ordo Missæ et avoir assisté aux myriades d’offenses que tant de prêtres font chaque jour à notre Seigneur au cours de la Messe
(même sans le vouloir), il s’est rendu compte que la crise que traverse la Sainte Église depuis des années est à attribuer essentiellement à l’abandon de sa liturgie millénaire.

Après une réflexion tourmentée et profonde, il a décidé de revenir à l’usage des livres liturgiques en vigueur jusqu’en 1962,
se prévalant de l’indult perpétuel concédé par saint Pie V par la Bulle ‘Quo primum tempore’,
dans la pleine conscience des problèmes énormes et presque insolubles au-devant desquels il allait,
par amour du Christ, de la Sainte Église et des âmes de ses paroissiens.

Pour faire comprendre le vrai sens de sa décision, il a adressé à ses paroissiens les trois lettres que nous publions ici,
comme un résumé de ses douloureuses réflexions.
De ces dernières il a fait part à son évêque, n’en recevant en retour qu’ incompréhension et représailles disciplinaires;
il a alors pensé de soumettre sa décision à l’examen du Préfet de la Congrégation pour la Doctrine de la Foi,
le Card. Ratzinger, dont il a reçu compréhension et soutien spirituel.
Son cas est encore en attente d’une solution satisfaisante, et lui-même, après une période d’éloignement,
se trouve maintenant à nouveau dans sa paroisse.

Notre souhait est que le Père Louis devienne un exemple pour beaucoup de prêtres qui, tout en partageant ses réflexions, estiment qu’il est impossible d’assumer des positions courageuses.
Nous pensons ne pas exagérer en affirmant que les temps sont mûrs pour opérer un changement de direction,
et à Rome surtout, on n’attend que des signes qui viennent de la base,
comme c’est malheureusement d’usage depuis trente ans d’après Concile.

(Présentation faite par la revue de la Tradition ‘Inter Multiplices Una Vox’, via C. Battisti, 2, 10123 Turin, Italie,
de septembre 2000 – adresse internet: http://www.unavox.it/doc24.htm).



PREMIÈRE  LETTRE
POURQUOI REVENIR A LA MESSE DE SAINT PIE V ?

Le motif déterminant est la question des Fragments consacrés qui sont profanés en beaucoup de manières.
1) À la distribution de la communion:
– sans le plateau, les Fragments tombent sur le communiant ou par terre et sont foulés aux pieds, balayés, dispersés.
– Quand l’Hostie est donnée dans la main, il en reste des Fragments sur les mains du communiant (pourquoi jusque dans
les années 60, était-ce un sacrilège de toucher le Très-Saint Sacrement, et aujourd’hui, c’est un acte de dévotion ? Où est
la vérité ?).
– ne parlons pas de la façon dont certains tiennent l’Hostie ou l’emportent pour différents motifs.

2) Après la communion, le Prêtre:
– Ne se purifie plus les mains, ou bien les lave, mais jette l’eau.
– Grande négligence dans la façon de purifier la patène ou le ciboire avec le purificatoire, de sorte que les Fragments restent
attachés à l’étoffe et dispersés.

Tout ceci fait penser à une femme qui jette le fruit de son enfantement dans les immondices.

Ces manières de faire étaient autrefois considérées comme sacrilèges. Pourquoi plus maintenant ?

I. Ou ils ne croient pas que chaque Fragment est Jésus-Christ entier et sont donc hérétiques.
II. Ou ils y croient et par là sont sacrilèges.

Nous, catholiques, croyons à la ‘transsubstantiation’, terme qui signifie le passage d’une substance à une autre. Par exemple, si le plomb devenait de l’or, il changerait sa substance en celle de l’or, de Pb il deviendrait Au, évidemment au niveau de l’atome, c’est à dire, de l’infiniment petit. Tout le monde sait qu’un milligramme d’or ou un quintal d’or, c’est toujours de l’or.
C’est ce qui se passe à la Messe, lors de la consécration: de la substance du pain, on passe à la substance du Corps du Seigneur, et la science nous aide justement à comprendre qu’un tel passage advient au niveau de l’infiniment petit.
C’est là la foi qu’a toujours gardée l’Église catholique. Dogme de foi qu’on ne pourra jamais changer parce que le dogme est l’éternelle Vérité révélée.
Comment peut-on alors justifier des nouveautés aussi négatives ? D’où est venue une manière de faire aussi irrévérente, sinon d’un rite qui conduit à ce triste résultat ?
Voilà pourquoi j’ai dû m’éloigner d’un rite qui, de tant de manières, profane le Très-Saint Sacrement (communion sur la main, tabernacles déplacés et oubliés, l’Eucharistie dans la main de tous les ‘ministres extraordinaires’, hommes et femmes, rite de la messe inventés, inculturés, etc…)
Il est absolument impossible de suivre une telle anarchie et  prétendre en même temps refléter la foi catholique constante. Un choix s’impose donc : repousser toutes ces nouveautés, pour l’amour de la Vérité, de l’Eucharistie, de l’Église, de vos âmes qui ont droit au salut par le moyen de la grâce.

Vous vous demanderez pourquoi je suis arrivé aussi tardivement à ces conclusions. J’ai cherché à communiquer la foi catholique à travers ce nouveau rite, j’ai essayé pendant deux ans de dire la Messe face au peuple dans l’espoir d’exprimer même ainsi la foi catholique. Mais la Messe face au peuple devient par la force des choses offrande au peuple, dans sa langue, avec ses chants. Elle devient un banquet, un repas de fête fraternel, une assemblée chaleureuse, dynamique, joyeuse, pour le partage, en somme une chose de la terre. J’ai assisté à certaines célébrations si joyeuses et pleines d’entrain, que vraiment, même si elles sont sympathiques, il est impossible d’y voir, renouvelé, le drame terrible du Calvaire.

Nous avons donc affaire à deux réalités totalement différentes:
A- La Messe officielle actuelle qui ressemble à un banquet, à une communion fraternelle entre les présents pour prier
ensemble en faisant mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples, par quoi Jésus est présent spirituellement au
milieu des fidèles. (art. 7 du Missel Romain).Ce rite étant adressé aux fidèles, il est logique qu’on dise à haute voix, dans
une langue compréhensible, au besoin en dialecte, un texte souvent inventé ou improvisé, variable selon le lieu, l’heure, la
saison, l’âge des présents, leur qualité. Ne parlons pas de la musique !

Mais êtes-vous bien sûrs que dans toutes ces variations, caprices, évolutions, improvisations, fantaisies, soit toujours exprimé intégralement le dogme, la Vérité catholique ? Êtes-vous sûrs d’en recevoir la plénitude de la grâce qui nous vient du rite parfait défini par l’Église à l’occasion du Concile de Trente ?

De cette anarchie, désordre, créativité, confusion liturgique, découle tout naturellement la confusion spirituelle du peuple chrétien qui s’est créé une religion de commodité : on entre dans l’église en vêtements indécents, on bavarde sans vergogne devant le Saint Sacrement sans même une génuflexion, un salut, comme s’il n’existait pas. Et surtout on prend l’Hostie dans la main comme si c’était un morceau de pain, sans se soucier de recueillir les Fragments, sans s’être confessé, tout le monde communie sans aucune discipline morale et spirituelle, souvent en état de péché mortel, dont on dit d’ailleurs qu’il n’existe plus. Que de surprises devant le tribunal de Dieu ! Il y a de quoi frémir.
Le fait que même des protestants, surtout de tendance anglicano-calviniste (autel face au peuple) célèbrent selon le rite de cette Messe, démontre qu’il n’exprime plus le dogme catholique.
Ecoutez ce que dit Luther de la Messe catholique : « J’affirme que tous les bordels, les homicides, les vols, les adultères sont moins mauvais que cette abominable Messe…» (Sermon du 1er dimanche de l’Avent). « Quand la Messe aura été renversée, je pense que nous aurons renversé toute la papauté» (Traité contra Henricum).

Dans sa lettre au Saint Père Paul VI, le Cardinal Ottaviani, Préfet du Saint Office, (ce n’est pas à un analphabète qu’on a confié cette responsabilité !) dit à propos de la nouvelle Messe : « Le nouvel Ordo Missæ représente dans son ensemble comme dans les détails, un impressionnant éloignement de la théologie de la Sainte Messe, telle qu’elle fut formulée dans la session XXIIème du Concile de Trente… » et fait suivre un bref examen critique auquel on n’a jamais répondu.

B ? La Messe catholique, qui est le renouvellement non sanglant de l’unique sacrifice du Calvaire, où Jésus par la main du prêtre, s’offre à Dieu le Père pour obtenir le pardon des péchés des vivants et des morts, est le mystère terrible de cette Victime divine et éternelle qui renouvelle l’expression de sa compassion pour l’humanité ruinée, corrompue, attirée par le mal plus que par le bien, exclue du Paradis, en proie à sa malice propre et à celle du démon.
La Messe catholique est donc la supplication, l’offrande du Rédempteur pour les hommes, du Rédempteur qui se fait péché pour laver dans son Sang nos péchés.
Cette Messe doit être suivie avec respect, dans un profond silence, une pieuse contemplation de tout le cœur qui s’unit à l’action de son Rédempteur fait péché devant le juste Juge dont l’examen est sans défaut, et intercédant pour nous obtenir le pardon.
Jésus dit au Père : « Père ! Considère cette parfaite adoration, cette parfaite réparation que je t’offre par mon Sang très pur tiré d’une Vierge, pour être purification des péchés du monde. Considérant mon Sang, mon amour, ma douleur, ma prière, pardonne leur, oublie leurs péchés. Ne regarde que moi qui T’aime d’un amour éternel, parfait, infini, qui les aime plus que ma vie même, qui te les ai rendus précieux parce que rachetés par mon Sang divin. »
Et nous, spectateurs adorants de cette intercession, nous devons unir nos cœurs au Cœur de Jésus qui parle pour nous, en notre faveur. Laissons-Le parler avec les mots et les gestes que l’Église a défini et canonisé au cours des siècles.

Voici quelques documents de l’Église relatifs à la Messe :
Concile de Trente : décret et canon sur la Messe :

Chap 4 : le canon de la Messe :
« Puisque les choses saintes doivent être administrées saintement, et que, entre toutes, ce Sacrifice est la chose la plus sainte, l’Église catholique, pour qu’il puisse être offert et reçu dignement et avec respect, a établi depuis des siècles le sacré canon, tellement pur de toute erreur, qu’il ne contient rien qui n’exhale au plus haut point un parfum de sainteté et de piété, et n’élève à Dieu l’esprit de ceux qui l’offrent. Il est en effet composé soit des paroles mêmes du Seigneur, soit des traditions apostoliques ou de ce qu’ont pieusement établi les saints Pontifes. » n°1745.

Le culte d’adoration, l’offrande du Sacrifice est donc une chose définie par l’Église, depuis toujours ; il ne peut être ni modifié, ni altéré, ni prohibé.

De la Bulle ‘Quo primum tempore’ de saint Pie V, du 14 juillet 1570 :

« Il convient par dessus tout qu’il n’y ait qu’un seul rite pour célébrer la Messe. … Nous avons jugé qu’il fallait confier cette difficile  mission à des hommes de doctrine élevée… Ils ont rétabli le Missel dans sa forme antique selon la norme et le rite des saints Pères.
«La Messe ne pourra pas être chantée ni récitée d’une autre manière que celle qui est prescrite par l’ordonnance  du Missel que Nous avons publié …
«Par Notre présente Constitution, valable à perpétuité…Nous décidons et commandons, sous peine de Notre indignation, que rien ne pourra jamais être ajouté, retranché, ou changé au Missel, que nous venons de publier…
«En vertu de l’Autorité Apostolique, Nous accordons à tous les prêtres, aux termes de la présente, l’indult perpétuel de suivre, en règle générale, dans quelle église que ce soit, sans aucun scrupule de conscience ou risque d’encourir aucune peine, jugement ou censure, ce Missel dont ils auront la pleine faculté de se servir librement et licitement, de telle manière que Prélats, Administrateurs, Chanoines, Chapelains et tous les autres Prêtres séculiers, quelque soit leur grade, ou les Réguliers, à quel Ordre qu’ils appartiennent, ne soient pas tenus de célébrer la Messe d’une autre manière que celle que Nous avons prescrite,  et que par ailleurs, nul ne puisse les contraindre ou pousser à changer ce Missel…
«De même Nous décrétons et déclarons qu’en aucun temps les présentes Lettres ne pourront être révoquées ou diminuées, mais établies pour toujours et toujours valides elles devront garder toute leur force…
«Que personne donc, et en aucune manière, ne se permette avec une audace téméraire de violer et transgresser Notre document : faculté, statut, ordonnance, mandat, précepte, concession, indult, déclaration, volonté, décret et inhibition. Si quelqu’un a l’audace d’y porter atteinte, qu’il sache qu’il encourt l’indignation de Dieu Tout-Puissant et de ses bienheureux Apôtres Pierre et Paul ».

Donc, comme vous l’avez lu, le rite célébré est un rite très ancien confirmé par un usage immémorial, canonisé par le Concile de Trente et par St Pie V et beaucoup parmi vous s’en souviennent encore.

Extrait du Droit Canon

Ancien Code

Titulus XII – De delictis contra religionem
Can.2320 ? Qui species consecratas abiecerit vel ad malum finem abduxerit aut retinuerit, est suspectus de hæresi; incurrit in excommunicatio-nem latæ sententiæ specialissimo modo Sedi Apostolicæ reservatam ; est ipso facto infamis, et clericus præterea est deponendus.
(Qui aura profané les espèces consacrées ou les aura emportées ou gardées pour une fin mauvaise, est suspect d’hérésie. Il encourt l’excommunication ‘latæ sententiæ’ réservée ‘specialissimo modo’ au saint Siège ; le coupable est ipso facto infâme et en outre, s’il est  clerc, il doit être déposé.)

Le nouveau code :

can. 1367 ? Qui species consecratas abicit aut in sacrilegum finem abducit vel retinet, in excommunicationem latæ sententiæ Sedi Apostolicæ reservatam incurrit ; clericus præterea alia pœna, non exclusa dimissione e statu clericali, puniri potest.
(Quiconque profane les espèces consacrées, ou bien les emporte ou les conserve dans un but sacrilège, encourt l’excommunication latæ sententiæ réservée au Saint Siège ; le clerc peut en outre être puni d’une autre peine, non exclue la destitution de l’état clérical.)

Qui croira qu’avec la pratique actuelle de la communion dans la main, on peut appliquer ce canon ? Combien de prêtres et d’évêques seraient excommuniés de l’Église Catholique.
Les faits sont les faits, et contre les faits, les arguments ne valent rien.
Il est vrai qu’ils ne jettent pas les Fragments avec une intention mauvaise, mais ils savent pourtant que les Fragments tombent, ils savent que chacun d’eux est Jésus dans le Saint Sacrement.
Que diriez-vous d’une mère qui jetterait son enfant par la fenêtre sans méchanceté, sans le vouloir? Si elle n’est pas criminelle, elle est folle !

L’horreur, la haine, la détestation absolue de la Messe tridentine a quelque chose qui dépasse l’entendement et ne peut s’expliquer par des motifs pastoraux.
Cette Messe est pour les modernes un cauchemar, un péché mortel qui fait songer aux réflexions hautement ‘théologiques’ de Luther : « Quand la Messe aura été renversée, je suis convaincu que nous aurons renversé avec elle tout le papisme. En effet le papisme tout entier, avec ses monastères, ses évêchés, ses collèges, ses autels, ses ministères et ses doctrines, en un mot, avec toute sa panse, repose sur la messe comme sur un rocher. Tout cela croulera fatalement quand se sera écroulée leur Messe sacrilège et abominable. Je déclare que tous les bordels, les homicides, les vols, les assassinats et les adultères sont moins mauvais que cette abomination qu’est la Messe papiste. » (Pour qui a l’obsession de revaloriser Luther !)
Comment expliquer ce fanatisme contre la sainte Messe ?

Ils l’appellent ‘nostalgie du passé’.
Mais est-ce qu’un rite

– fait selon ‘la norme et le rite des saints Pères’, c’est à dire des premiers siècles de l’Eglise,
– qui a sanctifié l’Eglise pendant des siècles, et a été célébré par les plus grands saints,
– qui reflète l’éternel présent de Dieu, c’est à dire sans passé ni futur, toujours identique a lui-même,
– réglé par une norme coutumière à laquelle s’ajoute une loi écrite, le tout approuvé par des actes infaillibles,
– universellement célébré dans sa langue sacrée et ‘établi depuis un grand nombre de siècles’,

est-ce que ce rite, dis-je, peut être l’objet d’un goût (nostalgie) ou dégoût personnel ?

Ces sentimentalismes et préférences sont la caractéristique du protestantisme, religion créée par la fantaisie et l’orgueil de l’homme, non révélée d’en Haut.

Ils l’accusent de ‘fixisme liturgique’
En vérité, on devrait admirer sa ‘stabilité’ tout au long des siècles, chose non pas humaine mais divine, preuve de sa perfection.
Ils n’ont sûrement pas le sens de l’humour, ces ‘instables’ qui, sous prétexte de participation, de compréhension de la part du peuple, se servent de termes scientifiques tels que ‘mise à jour continue’, ‘inculturation’, ‘approfondissement’, ‘formation permanente’, ‘kérygme’, ‘eschatologie’ etc…etc… donnent libre cours à toutes leurs manies personnelles de nouveautés, prenant pour loi ce qui n’est que le caprice du moment.
Quand une communauté condamne son propre passé et appelle nostalgiques ceux qui l’aiment encore, il est certain qu’un jour ou l’autre, cette communauté reniera son présent.
Ainsi font les instables : pour cacher leur fragilité, ils sont toujours en recherche, ils écrivent des livres autorisés, ils font de savants raisonnements, mais le vrai mobile est toujours le besoin d’une continuelle fuite en avant, effet d’une instabilité caractérielle, du désir d’être précurseurs, de l’ambition de réécrire l’histoire en la corrigeant, de sorte qu’à la fin ils agissent « etsi Deus non daretur », « comme si à la Messe, il importait peu qu’il y ait Dieu qui nous parle et qui nous écoute. » (Card. Ratzinger : Ma vie).

Voici enfin la dernière trouvaille : la communion dans la main. Cette fois la chose devient grave. Il s’agit bel et bien de profanations. La foi, la piété chrétienne, le Droit Canon nous le disent.

On voit qu’ils ne savent plus ce qu’est la Majesté de Dieu.
Ils célèbrent avec conviction, parfois avec dignité, mais c’est un rite personnel où la communauté s’offre elle-même un vain culte.
« Soyez de bons acteurs » disait récemment l’évêque de B. à ses prêtres.
Il est vrai qu’au théâtre, les acteurs cherchent à captiver et émouvoir les spectateurs, sinon quels acteurs seraient-ils ?
On crée donc une communion, on transmet un message. On est tellement préoccupé par la recherche de la communication d’homme à homme (sumpaqeia), qu’on en oublie par distraction, la dimension verticale du Sacré.
Le prêtre s’essouffle à courir au peuple, il doit plaire au peuple, il a besoin du peuple, il ne peut célébrer sans le peuple.
D’autre part, il a pris la place qui était autrefois celle de Dieu, montrant ainsi sa soif de pouvoir, son désir de paraître, de présider, de commander, de se mettre en valeur.
Et chacun juge à sa manière : « Comme il célèbre bien ! », « Il n’en finit pas ! », « Au moins celui-là fait vite! », « Pour moi, la Messe ne me dit rien! »… On en entend de toutes les couleurs, autant qu’il y a de rites et de fantaisies du ‘président’.
« Si le sel perd sa saveur… il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé au pied par les passants. » (Mat.5,13). Le sacerdoce est foulé au pied en même temps que la Sainte Eucharistie, car aujourd’hui les laïcs ordonnent: « Donne-moi l’Hostie dans la main, j’y ai droit !». Le prêtre est donc contraint par le laïc à une profanation.

Vous me direz qu’ils sont tous d’accord. Certes, mais dans l’anarchie.
Vous me direz qu’ils sont tous ensemble. Certes, mais la majorité ne fait pas la Vérité.

L’un court devant, l’autre traîne, l’un pousse et l’autre freine, un autre adopte sans y penser la trouvaille du jour, pourvu qu’elle lui convienne. Du rite local de la Messe au répertoire des chants, local lui aussi, on a une foison de cérémonies disparates, toutes plus recherchées les unes que les autres, une vraie Tour de Babel. Chaque paroisse devient un ghetto avec ses rites, ses chants, ses usages…
Comme dans l’œcuménisme : unité dans la diversité : tous frères, dans la confusion.

L’Église Catholique dit au contraire : Unité dans la Vérité.
La stabilité liturgique, l’uniformité des rites modèle chaque prêtre comme un moule unique, uniforme, fait dans les temps antiques, transmis et conservé intact par l’Autorité.
Le prêtre s’anéantit dans le rite, car en lui, c’est l’Église qui célèbre. On est sûr alors que le dogme est transmis, vécu, la grâce présente et efficace. (Les deux plus grands miracles eucharistiques (Lanciano et Bolsena) où l’Hostie s’est changée en chair et le vin en sang, sont arrivés à des prêtres qui n’y croyaient pas !).
En tous lieux de la Terre, le sacrifice est unique, unique la langue, unique le chant, et par conséquent unique la maison où se retrouvent tous les catholiques, frères dans la vérité, dans la vraie adoration, dans la célébration d’un rite pur, saint, complet, inspiré par Dieu, agréable à Dieu, âme de l’Église, lumière des cœurs. Rite qui n’a rien d’humain, totalement dépouillé d’éléments ou tonalités terrestres.
« Fixisme » veut dire : stabilité, solidité, éternité, vérité, sûreté.

Lorsqu’au Russicum (Rome), le Recteur proposa de chanter en italien l’épître et l’Évangile, les Romains se chargèrent d’imprimer les textes en italien pour les fidèles, pourvu que les textes fussent chantés en slavon.
Il ne me semble pas que dans d’autre rites, il existe un mouvement liturgique du tipe latin, c’est à dire œcuménico-évolutionniste manipulé par la base et imposé à l’Autorité.
Il est bien clair, de toute façon, que cette mentalité n’a rien de catholique. La rupture est évidente, d’abord dans la mentalité et puis dans les faits. « La promulgation de l’interdiction du missel qui s’était développé au cours des siècles, dès l’époque des sacramentaires de l’Église antique, a apporté une rupture dans l’histoire de la liturgie, dont les conséquences ne pouvaient qu’être tragiques… » « Je suis convaincu que la crise ecclésiale où nous nous trouvons aujourd’hui, dépend en grande partie de l’écroulement de la liturgie » « La réforme liturgique, celle voulue par Paul VI et réalisée avec la contribution et la satisfaction de théologiens protestants, a produit des dommages extrêmement graves pour la foi ». Card. Ratzinger :Ma vie)

Il est probable aussi que la crise mondiale dépende de l’abolition du sacrifice perpétuel. In effet, pendant la même période (années 70) :
-Environ cent mille prêtres et évêques ont abandonné le sacerdoce.
-Nous avons eu les lois sur le divorce et l’avortement (en avril 1997, nous avons dépassé le milliard de morts par
avortement, plus de victimes que dans toutes les guerres de l’histoire humaine, et puis on prétend que la peine de mort a
été abolie !)
-Les brigades rouges et le terrorisme.
-La drogue.
-Le satanisme.

« Dès maintenant le mystère d’iniquité est à l’œuvre. Mais que seulement celui qui le retient soit d’abord écarté, alors l’Impie se révélera » (IITess. 2,7-8)

Serait-ce cette réforme la cause de cette apostasie ?
Serait-ce le Sacrifice de la Messe, l’obstacle qui retenait l’adversaire ?

« Chers fils et chères filles, nous voulons encore une fois vous inviter à réfléchir sur cette nouveauté que constitue le nouveau rite de la Messe qui sera utilisé dans la célébration du saint Sacrifice à partir de dimanche prochain 30 novembre, premier dimanche de l’Avent. Nouveau rite de la Messe ! C’est un changement qui touche une vénérable tradition multiséculaire (…) Ce changement porte sur le déroulement des cérémonies de la Messe. Nous constaterons peut-être avec un certain regret, qu’à l’autel, les paroles et les gestes ne sont plus identiques à ceux auxquels nous étions tellement habitués que nous n’y faisions presque plus attention. (…) Nous devons nous préparer à ces nombreux désagréments ; ils sont inhérents à toutes les nouveautés qui changent nos habitudes… »
« Les prêtres qui en privé, célèbrent en latin (…) peuvent, jusqu’au 28 novembre 1971, utiliser soit le Missel Romain, soit le nouveau rite. S’ils prennent le Missel Romain, ils peuvent…etc. S’ils utilisent le nouveau rite, ils doivent suivre le texte officiel…etc. » (Paul VI : allocution à l’audience générale du 26 novembre 1969).

Rite moderne donc, opposé au rite romain antique.

La suite : Unavox

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