Les animaux ont une âme

1 avril 2009

Il s’agit du premier dialogue entre Candide et l’abbé Cédaire. Candide est un jeune Catholique n’ayant pas une grande érudition mais plein de bonne volonté. L’abbé Cédaire a l’érudition, la patience et aussi beaucoup de bonne volonté.

Candide : On entend beaucoup dans les milieux Catholiques que les animaux n’ont pas d’âme. Quel sens donner à cette phrase alors ?

« Le pape Montini disait que « les animaux sont une petite partie de la création divine, et qu’un jour nous les reverrons dans le mystère du Christ. » »

Quelle est la bonne signification ? Est-ce un platonisme ? (On y retrouve l’idée de chat, l’idée de l’arbre …)

Abbé Cédaire : Les animaux ont une âme, mais pas comme la nôtre, ce ne sont pas des « suppôts rationnels », ils ont l’âme animale comme le définit Saint Thomas. Il y a trois classes d’âmes : l’âme végétative, l’âme animale, et l’âme humaine. L’âme humaine est la partie qui constitue avec le corps la « personne » humaine, or la personne humaine est un suppôt rationnel, c’est la raison qui distingue surtout la personne humaine de l’âme animale.

Candide : Alors d’où cette croyance que les animaux n’ont pas d’âme ?

Abbé Cédaire : De fausses ou mauvaises théologies, mais Saint thomas dit bien que les animaux ont une âme.

Candide : D’accord, donc on peut retrouver son chat au Paradis ?

Abbé Cédaire : Oui, mais ce n’est pas de fide certa, mais proxima. Certains considèrent cela comme une « opinion » théologique, et pas un dogme.

Candide : Peut-on donc décemment dire à un enfant qui a perdu son animal qu’il est au Paradis ?

Abbé Cédaire : Non, je crois qu’à un enfant, il faut plutôt lui apprendre qu’un animal est une créature de Dieu, mais n’étant pas doué de raison, il ne peut pas « choisir » entre le paradis et l’enfer, car les animaux sont reductum ad unum, ils n’ont pas le choix de se damner ou de se sauver. Il n’y a que les êtres humains qui sont doués de raison, et qui peuvent, selon leur liberté (volonté et intelligence) aller en enfer ou être sauvé et aller au Paradis.

Candide : Ils sont dans un « Eden » pour animaux, que peut-être nous pourrons visiter ?

Abbé Cédaire : Je crois qu’aux enfants, il faut dire les choses comme elles sont : d’une part ne pas trop s’attacher aux animaux, ensuite, leur dire que les hommes sont supérieurs aux animaux, car ils sont doués de raison, enfin que Dieu a commandé à l’homme de diriger la nature, c’est dans la Genèse. L’homme est l’ultime créature de Dieu, et il lui a été demandé de diriger la nature et la création.

Candide : Et ça le consolerait ? :)

Abbé Cédaire : Il faut surtout « élever » les enfants, c’est à dire non pas seulement leur donner une éducation, mais surtout leur apprendre à réfléchir, et à raisonner. Un enfant est capable de raisonner. Si vous le faîtes raisonner dans le bon sens, à savoir poser des syllogismes, alors il pourra par lui-même devenir libre et maître de soi. Si vous lui faîtes comprendre que le règne animal est en dessous du règne humain, en vertu de la raison qui distingue l’homme, alors vous aurez fait beaucoup déjà.

Candide : Merci beaucoup pour ces lumières,  monsieur l’abbé Cédaire.

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