La Communion à la main doit être interdite, Dietrich von Hildebrand

31 mai 2009

Traduction par constantiam et Choupette.

Dietrich von Hildebrand, que le Pape Pie XII appelait “le docteur de l’Eglise du XX° siècle”, fut l’un des plus grands philosophes catholiques du monde. Le cardinal Ratzinger (aujourd’hui Benoît XVI) a écrit en 2000, à son sujet : « Je suis fermement convaincu que, dans un futur plus ou moins proche, lorsqu’on écrira l’histoire intellectuelle de l’Eglise Catholique du XX° siècle, le nom de Dietrich von Hildebrand ressortira comme l’une des figures les plus éminentes de notre temps. » L’article ci-dessous, de Dietrich von Hildebrand, intitulé « La Communion à la main devrait être interdite » a été publié le 8 novembre 1973.

Il ne fait aucun doute que la communion à la main est l’expression de cette tendance à la désacralisation au sein de l’Eglise en général et d’un manque de respect, lorsque l’on approche de la Sainte Eucharistie en particulier. Le mystère ineffable de la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée nécessite une attitude de profonde déférence. (Saisir le Corps du Christ dans nos mains qui ne sont pas consacrées, comme si c’était juste un bout de pain est en soi une chose profondément irrespectueuse et néfaste pour notre Foi) Avoir affaire avec ce mystère infini comme si nous avions simplement affaire à rien d’autre qu’un bout de pain, chose que nous faisons naturellement tous les jours avec du simple pain, rend plus difficile la pleine expression de la Foi en la présence réelle du Christ. Un tel comportement envers l’hostie consacrée érode notre Foi en la présence réelle et renforce l’idée qu’il ne s’agit que d’un simple symbole du Christ. Prétendre que recevoir le pain dans les mains permet de se rendre compte de la réalité du pain est un argument absurde. La réalité du pain n’est pas ce qui importe, même un athée peut le constater. C’est uniquement le fait que l’hostie est réellement le Corps du Christ qui importe.

Les arguments défendant la Communion dans la main se fondent sur le fait que cette pratique remonte aux premiers temps du Christianisme ne sont pas réellement valables. Ils font fi des dangers inhérents à la réintroduction de cette pratique de nos jours. Le Pape Pie XII condamnait très clairement et sans ambigüité l’idée que l’on puisse réintroduire de nos jours des coutumes du temps des catacombes (Période de l’Eglise primitive sous la persécution). Nous devons par contre renouveler les âmes des catholiques contemporains de cet esprit de ferveur et cette dévotion héroïque que nous trouvons dans la Foi des premiers Chrétiens et de tant de martyrs issus de leurs rangs. Mais adopter simplement leurs coutumes c’est encore autre chose ; ces coutumes ont une toute autre fonction aujourd’hui et nous ne pouvons ni ne devons simplement les réintroduire.

A l’époque des catacombes le danger de désacralisation et d’irrévérence qui sévit aujourd’hui n’existait pas. La distinction entre le séculaire et la Sainte Eglise était constamment présent dans l’esprit des Chrétiens. Ces coutumes qui ne présentaient aucun danger à l’époque constituent un grave danger pastoral de nos jours.

Observons maintenant combien Saint François considérait l’extraordinaire dignité du Prêtre qui résidait exactement en ce qu’il pouvait toujours le Corps du Christ de ses mains consacrées. Saint François disait : « Si je devais rencontrer en même temps un Saint résidant au Paradis et un pauvre Prêtre, il conviendrait que je présente en premier lieu mes respects au Prêtre et que j’embrasse rapidement ses mains. Ensuite je dirais : Attendez, Saint Laurent, les mains de cet homme touche le Verbe Vivant et possède un bien qui surpasse tout ce qui est humain. »

Quelques uns diront : Saint Tarcisius n’a-t-il pas bien donné la Communion alors qu’il n’était pas Prêtre ? Pourtant nul ne s’est scandalisé alors qu’il avait touché de ses mains les Hosties consacrées. Et de nos jours un laïc est autorisé à donner la Communion, en cas d’urgence.
Mais cette exception en cas d’extrême urgence n’est pas quelque chose qui implique un manque de respect pour le saint Corps du Christ. C’est un privilège justifié par l’urgence qui ne devrait pas être accepté sans avoir le cœur tremblant (et doit rester un privilège strictement réservé pour une urgence).

L’enseignement traditionnel de l’Eglise et le Code du Droit Canon de 1917nous le dit.

Plus particulièrement :

Canon 845, § l déclare que le ministre ordinaire de la Sainte Communion est uniquement le Prêtre. Canon 845, § 2 déclare que le ministre extraordinaire ne peut être que le Diacre.

Le livre de théologie sacramentelle, L’Administration des Sacrements (édition de 1963) de Nicholas Halligan, O.P., explique :

« C’est un enseignement des plus certains que seul le Prêtre est le ministre ordinaire de la Saint Communion » (Nicholas Halligan, O.P., L’Administration des Sacrements, 1963, p. 107, Imprimatur: Cardinal Spellman)

« Seul le Prêtre a le droit exclusif de délivrer le Saint Viatique, aussi bien en public qu’en privé à un malade, qu’il soit de sa paroisse ou non. » (p. 108)

« De par son ordination le Diacre est le ministre extraordinaire de la Sainte Communion, sous réserve d’autorisation de l’Ordinaire du lieu ou du Prêtre conféré sous réserve d’un motif sérieux, mais cette permission peut être présumée en cas de besoin. Hors de la stricte nécessité un Diacre ne pourra en aucun cas se justifier d’avoir agi ainsi sans permission. » (p.108)

Mais il y a une grande différence entre le cas où l’on est exceptionnellement autorisé à toucher l’hostie consacrée de nos mains non consacrées et celui on l’on reçoit la Communion dans la main en toute occasion. Être autorisé à toucher l’hostie consacrée de ses mains non-consacrées représente un privilège qui doit nous inspirer une crainte réelle. Si recevoir la Saint Communion dans la main devient la forme normale, alors cette attitude irrespectueuse travaille à l’érosion de la Foi en la présence réelle du Christ.

C’est tenir pour acquis que tout le monde peut recevoir l’hostie consacrée dans ses mains. Le laïc à qui il est donné ce grand privilège, pour des raisons spéciales, de toucher l’hostie a évidemment le droit. Mais il n’y a aucune raison pour recevoir la Communion dans la main : il s’agit uniquement d’un esprit immanent de familiarité inacceptable avec Notre Seigneur.

Premièrement, il y a beaucoup plus d’occasions que des parcelles, même infimes, de l’hostie consacrée puissent tomber. Dans les temps anciens le Prêtre observait avec grand soin qu’aucune parcelle ne tombe sur le sol, et si cela arrivait il prenait alors immédiatement le plus grand soin à ramasser et consommer avec déférence chaque parcelle sacrée. De nos jours, sans raison apparente, certains désirent exposer plus encore l’hostie consacrée à ces dangers. Ceci alors que de nos jours l’hostie est faite pour ressembler de plus en plus à du pain et s’effrite plus facilement.

Deuxièmement, et c’est un problème incomparablement plus grave, le risque qu’un communiant, lorsqu’il ne reçoit pas l’hostie consacrée dans sa bouche, la mette dans sa poche ou la cache d’une quelconque autre manière et ne la consomme point. C’est malheureusement ce qui arrive de nos jours où le satanisme connait un certain regain d’activité. Il est de notoriété que des hosties consacrées sont revendues pour des usages blasphématoires. A Londres le prix à l’unité peut atteindre 30£, ce quoi peut nous rappeler les 30 pièces d’argent que Judas à reçu en livrant Notre Seigneur.

Est-il concevable qu’à défaut de prendre les mesures les plus scrupuleuses pour veiller sur la Très Vénérable Hostie Consacrée, qui est le vrai Corps du Christ, Dieu fait homme, contre toutes les sortes de sévices possible, qu’il y ait tant de gens qui désirent exposer le Corps du Christ à ces risques ? Avons-nous oublié l’existence du diable « qui erre en cherchant qui il pourrait dévorer » ? Son œuvre dans le monde et dans l’Eglise n’est-elle pas suffisamment visible ? Qu’est-ce qui nous donne le droit de présumer que des sévices envers l’Hostie Sainte n’auront pas lieu ?

Plus grand sera notre respect et plus grand sera notre amour, plus grande sera notre prise de conscience de l’infinie sainteté de l’Eucharistie ; plus grande sera notre horreur qu’elle puisse être souillée, et plus grande sera notre ardeur à la défendre des souillures blasphématoires.

Pourquoi, pour l’Amour de Dieu, la Communion à la main devrait-elle est introduite dans nos églises alors qu’il est évident qu’elle est pastoralement néfaste, lorsqu’elle n’engage pas à adopter une déférence à la hauteur de ce que nous recevons, et lorsqu’elle expose l’Eucharistie à toutes ces terribles sévices diaboliques ? Ainsi n’y a-t-il vraiment aucun argument sérieux pour la Communion dans la main, alors que les arguments contre sont des plus graves.

Une Réponse to “La Communion à la main doit être interdite, Dietrich von Hildebrand”

  1. de Wavrechin Says:

    Mon Doux Seigneur, pardon pour toutes les atteintes aux voeux et aux Saintes Institutions, pardon et miséricorde.
    Mon Doux Père Eternel envoyez Vos Bénédictions sur tous Vos enfants.


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