Du rit Catholique Byzantin

11 avril 2010

Aujourd’hui, je suis allé à une Messe Catholique selon le rit byzantin-slave.

Catholique et Byzantin ? Tout-à-fait ! (L’explication qui suit est librement inspirée du feuillet explicatif que l’on trouve à l’entrée de l’église)

Pendant les dix premiers siècles de son histoire, l’Église était une, indivise, de l’Orient jusqu’à l’Occident. Les grands docteurs, ceux que l’ont nomme « Pères de l’Église », s’exprimaient aussi bien en latin (Saint Augustin, Saint Ambroise …) qu’en grec (Saint Grégoire de Nysse, Saint Jean Chrysostome …). En ces temps-là, l’Église était très mêlée à l’État, ce qui posait parfois certains problèmes. C’est presque plus pour des raisons politiques que pour des raisons vraiment théologiques que les Occidentaux et les Orientaux s’excommunièrent mutuellement et provoquèrent le schisme de 1054.  Séparés de l’Occident, les chrétiens orientaux prirent alors le nom d’ « orthodoxes ».

Les chrétiens orientaux ayant refusé de se séparer de Rome, ainsi que ceux revenus vers Rome au fil des âges, ont conservé le rit oriental fixé par la Tradition. (De la même manière, en occident nous avions une multitude de rites : ambrosien, versaillais, romain, gallican …)

C’est pourquoi, aujourd’hui encore, les chrétiens orthodoxes séparés de Rome ont la même liturgie que les chrétiens orientaux attachés au Siège de Pierre. La seule différence se trouve dans le Canon : les orthodoxes prient pour leur Patriarche, les chrétiens orientaux Catholiques prient pour le Pape.

Quelques différences notables entre le rit romain (du Concile de Trente, pas le rite « protestisant », ça ajouterait une infinité de différences sinon) et le rit byzantin :
(La Messe est bien entendue ad orientem, pour ceux qui se poserait la question.)

– La majeure partie de la liturgie n’est pas visible par les fidèles. Le sanctuaire (où se trouve l’autel), qui représente le Ciel, est séparé de la nef, qui représente la terre, par l’iconostase, sorte de cloison avec 3 portes qui s’ouvrent et se ferment au rythme de la liturgie. (Par exemple la Consécration n’est pas visible par le fidèle)

Pour la petite histoire c’était aussi le cas en Occident, avant le Concile de Trente.

– La langue liturgique est le slavon.
– Le signe de croix est inversé
– On ne se met pas à genoux (tradition occidentale), on se penche à 90°
– On reste tout le temps debout.
– Les ornements liturgiques sont semblables, à quelques détails près (cf. photos en bas de l’article)
– L’omniprésence des icônes et la piété qu’elles suscitent
– Les chants. Ils ne sont évidemment pas grégoriens, même si l’on retrouve la même profondeur. Il convient aussi de noter que tous les instruments de musique sont interdit. Y comprit l’orgue.
– La Communion se fait sous les deux espèces. Mais attention, pas à la vas-y que je trampouille le bout de pain dans le pinard ! C’est le Prêtre qui aura préalablement trempé le pain consacré dans le précieux Sang (même si le Christ tout entier est présent dans chaque espèce), et le dépose le pain consacré dans la bouche avec une petite cuillère liturgique. Ainsi nul risque de voir une parcelle tomber.
– A la fin de la Messe les fidèles sont invités à venir embrasser la Croix et recevoir un morceau de pain béni.

Petite curiosité qui mérite d’être creusée : j’ai suivi la Messe grâce à un petit livret à l’intention des Catholiques latins. Dans la traduction du Credo il apparait clairement qu’il n’y a pas le Fillioque (le Fillioque est l’un des points de discorde entre les schismatiques orientaux et l’Église). Erreur de traduction ? Affaire à suivre.

Cliquez sur les photos pour les agrandir.

Iconostase ouvert, vue de la nef.

Le Prêtre faisant une de ses "apparitions" durant la Sainte Messe

Église Catholique Russe de la Très Sainte Trinité
~~~~

Sainte Messe à 9h30 (Confession à partir de 9h)
39 rue François Gérard
75016 Paris
01 42 24 05 53
Métro ligne 10 : Mirabeau/Église d’Auteuil

Sources : Livret d’information de ladite église + ma propre expérience
Photos : Issues du site de la très mythique et très vénérable Schola Sainte Cécile. Que je remercie au passage de m’avoir offert un prétexte pour aller découvrir ce rite !

Une Réponse to “Du rit Catholique Byzantin”

  1. BERTRAND Germain Says:

    Le filioque est omis dans la récitation du crédo chez la plupart des catholiques de rite byzantin ou byzantin-slave.
    Les catholiques grecs de Grèce de rite latin omettent également le filioque (décision de la conférence épiscopale de rite latin de Grèce). Intéressant article à ce propos dans l’excellente revue Piama (ajourd’hui disparue) à ce propos il y a une vintaine d’années (au moins..). Piama était publié pa le Centre d’études russes de Meudon, à côté de Paris, tenu par des jésuites.
    Je ne sais pas si les catholiques latins immigrés en Grèce (Philippins, personnes d’Afrique Noire etc..) quand ils célèbrent dans leur langue récitent le Crédo avec le filioque oo non.
    Dieu vous garde.


Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s

%d blogueurs aiment cette page :