A quoi sert l’encens ?

1 novembre 2009

Il s’agit du troisième dialogue entre Candide et l’abbé Cédaire. Candide est un jeune Catholique n’ayant pas une grande érudition mais plein de bonne volonté. L’abbé Cédaire a l’érudition, la patience et aussi beaucoup de bonne volonté.

Candide :
Que signifie l’encens ? Pourquoi encense-t-on l’autel ?

Abbé Cédaire :
On encense l’autel, par “respect”, car l’encens est un signe de respect, et aussi d’oblation (d’offrande). L’autel est consacré, par l’évêque, et donc, pour honorer davantage la table où sera consommé le saint sacrifice, on encense l’autel

Candide :
Pourquoi encense-t-on l’assemblée des fidèles ? Je parle du rite tridentin, vous l’aurez compris.

Abbé Cédaire :
Parce qu’ils sont dans leur corps le temple du Saint Esprit, mais on encense les fidèles aussi dans le rite ordinaire et pas seulement dans l’ancien rite.

Candide :
Pourquoi prend-t-on la peine d’enlever le Missel durant l’encensement ?

Abbé Cédaire :
Parce que l’on considère qu’il ne fait pas partie des objets d’oblation on encense d’abord les reliques, ensuite les oblats ensuite la croix ensuite l’autel selon un ordre décroissant mais le missel d’autel n’est pas un objet de culte donc on le retire pour ne pas l’encenser.

Des hommes à l’âme vile,
Chassant le sceptre et la croix,
Ont imposé dans nos villes
Le reniement de la loi
Mais pour que toujours sur terre
reste un point de ralliement
D’âge en âge sont fidèles
les hommes de notre sang.

Fidèles aux voix de l’âme,
des bois, du roc et du sang
Fidèles à la vraie flamme,
Fidèles à leurs enfants
Lorsqu’a chanté la chouette,
à l’ombre de nos halliers
Ils sont partis pour la quête
du Graal et du chevalier

Les ennemis de la Messe
ont bafoué la raison
Semé le doute, la détresse
au cœur de nos maisons
Ils ont traqué les bons Pères,
voulu souiller nos enfants,
Mais le cœur des âmes fières,
triomphera dans le vent.

Quand les autres trahiront,
camarades soyons fidèles
Défendons la Tradition,
luttons pour la France nouvelle
Vrais héritiers des nobles Francs,
fidèles à Dieu et au roy
La lutte de nos descendants
emplit nos esprits de joie.

Source : Ici

La charia exigée en Grande-Bretagne

Lu ici :

“«Nous demandons à tous les musulmans du Royaume-Uni de venir nous rejoindre, afin de déclarer collectivement qu’en tant que soumis à Allah, nous en avons assez de la démocratie, des lois humaines et de la dépravation de la culture britannique», écrit Anjem Choudary, le leader du groupe islamiste radical Islam4UK. Cette association, qui revendique un millier de membres, organise ce samedi 31 octobre, la deuxième Marche pour la Charia (loi islamique). L’objectif est clairement annoncé, il s’agit d’exiger la mise en place totale de la charia en Grande-Bretagne. A moins d’un refus des autorités, la Marche rassemblera plus de 5000 manifestants, de la Chambre des Communes jusqu’à Trafalgar Square”.

La réforme liturgique des années 70 occupe aujourd’hui une place importante dans l’horizon des controverses théologiques, et puisque liturgie et théologie sont intimement liées, on ne peut exclure du champ des discussions l’une ou l’autre sans risquer de tomber dans une conception fractionnée de la théologie qui a montré sa nocivité depuis les années 50. Il est aujourd’hui nécessaire, dans le cadre du vaste débat auquel nous voulons participer activement ici, de poser les bases d’une analyse honnête et courageuse du passé liturgique récent, tout en proposant, dans une attitude positive et bienveillante, des remèdes pratiques et surtout réalisables. Notre rédaction veut lancer un tel débat sans tomber pour autant, si possible, dans les erreurs méthodologiques du passé : c’est pourquoi nous avons voulu le mettre en œuvre en nous appuyant sur le témoignage de quelqu’un qui, par son âge et son prestige, n’est pas seulement une autorité en la matière, mais est aussi un véritable témoin de l’authentique tradition. Étant donné que la liturgie est avant tout une science pratique, nous n’avons pas voulu commencer cette discussion par la consultation d’un liturgiste chevronné, spécialiste des manuels et des rubriques, mais en recueillant les enseignements de quelqu’un qui a vu et vécu la liturgie comme aucun autre, depuis les campagnes toscanes et leurs immanquables processions populaires accompagnées par la fanfare, jusqu’aux fastes et aux splendeurs de la « chapelle papale » dans les Palais apostoliques : Monseigneur Domenico Bartolucci. Son verbe haut et ses expressions typiquement toscanes – malheureusement difficiles à rendre dans cette traduction française – comme les anecdotes dont il ponctue ses réponses, expriment mieux que de longs discours les convictions d’un homme d’Église qui a vécu dans la souffrance, avec elle, les tumultes des dernières décennies.

Rencontre avec Mons. Domenico BARTOLUCCI,

maître émérite de la chapelle Sixtine,

grand ami et collaborateur de Benoît XVI.

(Interview Pucci Cipriani, Stefano Carusi – Traduction française Matthieu Raffray)

Né en 1917 à Borgo San Lorenzo (Florence), toscan par sa naissance puis romain par l’appel du Pape, il est nommé en 1952 substitut de la Chapelle Sixtine, aux côtés de Lorenzo Perosi, puis maître de cette chapelle papale à partir de 1956, où il a eu l’honneur de travailler avec cinq papes. Le 24 juin 2006, le Pontife régnant a tenu à organiser une cérémonie spéciale (photo) afin de sceller « à perpétuité » sa proximité et son admiration pour le grand musicien, auquel il adressait les mots suivants : « la polyphonie sacrée, en particulier celle de l’école romaine, est un héritage à conserver avec soin (…) un authentique aggiornamento de la musique sacrée ne peut advenir que sur le socle de la grande tradition héritée du passé, celle du chant grégorien et de la polyphonie sacrée ».

Maître, la publication récente du Motu proprio Summorum Pontificum a apporté un vent d’air frais dans le panorama liturgique désolant qui nous entoure… en avez-vous profité vous-même pour célébrer la « messe de toujours » ?

A vrai dire, j’ai toujours célébré cette messe, de façon ininterrompue depuis mon ordination… En fait j’aurais même des difficultés à célébrer la messe du rite moderne, puisque je ne l’ai jamais dite…

Pour vous, elle n’a donc jamais été abolie ?

Ce sont les paroles mêmes du Saint Père, même si certains font mine de ne pas le comprendre, et même si beaucoup ont soutenu le contraire dans le passé.

Pensez-vous que les fidèles soient moins enthousiasmés par la forme traditionnelle du rite, à cause de son aspect peu « participatif » ?

Allez, il ne faut pas dire de bêtises ! Moi j’ai connu la participation des fidèles autrefois, aussi bien à Rome, dans les basiliques, qu’à travers le Monde, et ici-même dans le « Mugello », dans cette paroisse, dans cette belle campagne autrefois peuplée de gens pleins de foi et de piété. Le dimanche à vêpres, le prêtre aurait pu se contenter d’entonner le « Deus in adjutorium meum intende », et puis se mettre à dormir sur la banquette jusqu’au capitule : les fidèles auraient continué tout seuls et les pères de famille auraient entonné, un par un, les antiennes !

C’est donc pour vous une vaine polémique, par rapport à l’actuel style liturgique ?

Hélas, je ne sais pas si vous avez déjà assisté à des funérailles : Alléluias, applaudissements, des phrases loufoques, au point de se demander si ces gens ont déjà lu l’évangile : Notre-Seigneur lui-même pleure sur Lazare et sur la mort… Avec ce fade sentimentalisme, on ne respecte même pas la douleur d’une mère. J’aurais voulu vous montrer comment autrefois le peuple assistait à une messe des morts, avec quelle componction et quelle dévotion on entonnait le magnifique et terrible Dies Irae !

Mais la réforme n’a-t-elle pas été faite par des gens conscients et bien formés doctrinalement ?

Je m’excuse, mais la réforme a été faite par des hommes arides, arides, je vous le répète. Moi, je les ai connus. Et quant à la doctrine, je me souviens que le cardinal Ferdinando Antonelli, de vénérable mémoire, disait souvent : « Qu’est-ce que nous pouvons faire de ces liturgistes qui ne connaissent pas la théologie ? »

Nous sommes bien d’accord avec vous, Monseigneur, mais il est vrai aussi qu’autrefois les gens n’y comprenaient rien…

Chers amis, n’avez-vous jamais lu saint Paul : « il n’est pas nécessaire de savoir plus que ce qui est nécessaire » : il faut aimer la connaissance ad sobrietatem. Avec cet état d’esprit, dans quelques années on prétendra comprendre la transsubstantiation comme on explique un théorème de mathématiques… Mais le prêtre lui-même ne peut comprendre entièrement un tel mystère !

Alors comment en est-on parvenu à un tel effondrement de la liturgie ?

Ça a été une mode, tout le monde parlait, tout le monde « rénovait », tout le monde pontifiait, sur la base d’un sentimentalisme qui prétendait tout réformer, et on faisait taire habilement les voix qui s’élevaient en défense de la tradition bimillénaire de l’Église. On a inventé une sorte de « liturgie du peuple »… lorsque j’entendais ces ritournelles, je me souvenais des paroles de l’un de mes professeurs de séminaire, qui nous enseignait que « la liturgie est l’œuvre du clergé, mais elle est pour le peuple ». Il voulait dire par là qu’elle doit descendre de Dieu et non pas monter à partir de la base. Je dois pourtant reconnaître que cet air corrompu s’est maintenant raréfié : les nouvelles générations de prêtres sont peut-être meilleures que celles qui ont précédé ; les jeunes prêtres ne sont plus ces idéologues furieux doublés de modernistes iconoclastes : ils sont plein de bons sentiments, mais ils manquent de formation…

Que voulez-vous dire par « ils manquent de formation » ?

Je veux dire qu’il faut de vrais séminaires ! Je parle de ces structures que la sagesse de l’Église avait finement ciselées à travers les siècles. Vous ne vous rendez pas compte de l’importance d’un séminaire : une liturgie vécue… les différents moments de l’année y sont vécus socialement avec les confrères du séminaire, l’Avent, le Carême, les grandes fêtes de Pâques : tout cela éduque à un point que vous n’imaginez pas. Une rhétorique insensée a fait passer l’image que le séminaire déforme les prêtres, que les séminaristes, éloignés du monde, resteraient fermés sur eux-mêmes et distants du monde. Ce ne sont que des fantaisies pour gaspiller une formation riche de plusieurs siècles d’expérience, et pour ne la remplacer que par du vide.

Pour revenir sur la crise liturgique, vous, Monseigneur, êtes-vous favorable à un retour en arrière ?

Regardez : défendre le rite antique ne consiste pas à être passéiste, mais à être « de toujours ». Par exemple, c’est une erreur d’appeler la messe traditionnelle « messe de saint Pie V » ou « messe Tridentine », comme s’il s’agissait de la messe d’une époque particulière. Notre messe romaine est au contraire universelle, dans le temps et dans le lieu : une unique langue de l’Océanie à l’Arctique. En ce qui concerne la continuité dans le temps, je peux vous raconter un épisode significatif : une fois nous étions en compagnie d’un évêque, dont je ne vous donnerai pas le nom, dans une petite église de la région ; nous apprenons alors subitement le décès d’un ami commun qui nous était cher, et nous décidons alors de célébrer sur le champ la messe pour lui. En cherchant dans la sacristie, on se rend compte qu’il n’y avait là que des missels antiques. Et bien l’évêque a refusé catégoriquement de célébrer. Je ne l’oublierai jamais… et je répète que la continuité de la liturgie implique que, sauf cas particuliers, je puisse célébrer aujourd’hui avec le vieux missel poussiéreux pris sur une étagère, et qui il y a quatre siècles a servi à l’un de mes prédécesseurs dans le sacerdoce.

On parle actuellement d’une « réforme de la réforme », qui devrait limer les irrégularités introduites dans les années 70…

La question est assez complexe… Que le nouveau rite ait des déficiences est désormais une évidence pour tout le monde, et le Pape a dit et il a écrit plusieurs fois que celui-ci devrait « regarder vers l’ancien ». Mais que Dieu nous garde de la tentation des pastiches hybrides. La Liturgie avec un L majuscule est celle qui nous vient des siècles passés : c’est elle qui est la référence. Qu’on ne l’abâtardisse pas avec des compromis « déplaisant à Dieu et à ses ennemis »…

Que voulez-vous dire par là ?

Prenons par exemple les innovations des années 70 : des chansonnettes laides et pourtant tellement en vogue dans les églises en 1968 sont aujourd’hui déjà des pièces de musée. Lorsqu’on renonce à la pérennité de la Tradition pour s’immerger dans le temps, on est aussi condamné à suivre les changements de modes. A propos de la réforme de la semaine sainte dans les années cinquante, je vous raconte une histoire : cette réforme avait été entreprise avec une certaine hâte, sous un Pie XII déjà affaibli et fatigué. Si bien que quelques années plus tard, sous le pontificat de Jean XXIII – car quoiqu’on en dise, en matière de liturgie il était d’un traditionalisme convaincu et émouvant – m’arrive un coup de fil de Mgr. Dante, le cérémoniaire du Pape, qui me demande de préparer le Vexilla Regis pour l’imminente célébration du Vendredi Saint. Interloqué, je lui réponds : « mais vous l’avez aboli ! ». Alors il m’a dit : « Le Pape le veut » ; et en quelques heures j’ai organisé les répétitions de chant, et nous avons chanté à nouveau, avec une grande joie, ce que l’Église chantait ce jour-là depuis des siècles. Tout cela pour dire que lorsqu’on a fait des déchirures dans le tissu de la liturgie, ces trous restent difficiles à recoudre, et ils se voient. Face à notre liturgie multiséculaire, nous devons contempler avec vénération, et nous souvenir qu’avec cette manie de toujours vouloir « améliorer », nous risquons de ne faire que des dégâts.

Maître, quel a donc été le rôle de la musique dans ce processus ?

La musique a joué un rôle incroyable pour plusieurs raisons : le « cécilianisme » maniéré – auquel Perosi ne fut pas étranger – avait introduit avec ses mélodies chantantes un sentimentalisme romantique nouveau, qui n’avait rien à voir, par exemple, avec la corpulence éloquente et solide de Palestrina. Certaines extravagances mal placées de Solesmes avaient cultivé un grégorien susurré, fruit lui aussi de cette pseudo restauration médiévalisante qui a eu tant de succès au XIXème siècle. C’était l’idée de l’opportunité d’une récupération archéologique, aussi bien en musique qu’en liturgie, d’un passé lointain dont nous auraient éloigné les « siècles obscurs » du Concile de Trente… De l’archéologisme, en somme, qui n’a rien à voir, absolument rien à voir avec la Tradition, car il veut récupérer ce qui finalement n’a peut-être jamais existé. Un peu comme certaines églises restaurées dans le style « pseudo roman » de Viollet-le-Duc. Ainsi donc, entre un archéologisme qui prétend se rattacher à l’époque apostolique, mais en se séparant des siècles qui nous relient à ce passé, et un romantisme sentimental qui méprise la théologie et la doctrine pour exalter les « états d’âme », s’est préparé le terrain qui a abouti à cette attitude de suffisance vis-à-vis de ce que l’Église et nos Pères nous avaient transmis.

Que voulez-vous dire, Monseigneur, lorsque dans le domaine musical vous attaquez Solesmes ?

Je veux dire que le chant grégorien est modal et non pas tonal. Il est libre, et non pas rythmé. Ce n’est pas « un, deux, un, deux, trois ». Il ne fallait pas dénigrer la façon de chanter dans nos cathédrales pour lui substituer un chuchotement pseudo monastique et affecté. On n’interprète pas le chant du Moyen-âge avec des théories d’aujourd’hui, mais il faut le prendre comme il nous est parvenu. De plus, le grégorien d’autrefois savait être aussi un chant populaire, chanté avec force et vigueur, comme le peuple exprimait sa foi avec force et vigueur. Et c’est cela que Solesmes n’a pas compris. Cela étant dit, il faut bien sûr reconnaître l’immense et savant travail philologique qui y a été fait en ce qui concerne l’étude des manuscrits antiques.

Maître, alors où en sommes-nous dans la restauration de la musique sacrée et de la liturgie ?

Je ne nie pas qu’il y ait quelque signes de reprise… mais je vois tout de même persister une sorte d’aveuglement, comme une certaine complaisance pour tout ce qui est vulgaire, grossier, de mauvais goût, et aussi pour ce qui est doctrinalement téméraire… Ne me demandez pas, je vous en prie, mon avis sur les « guitarades » et les chansonnettes qu’ils nous chantent encore pendant l’offertoire. Le problème liturgique est sérieux : il faut cesser d’écouter la voix de ceux qui n’aiment pas l’Église et qui s’opposent au Pape. Si on veut guérir un malade, il faut d’abord se souvenir que « le médecin timoré laisse la plaie s’infecter (il medico pietoso fa la piaga purulenta) »…

Source : -Ici-

visubanquet3

Sur son site, le Groupe d’Action Royaliste publie une analyse des élections européennes. On y lit, concernant l’Alliance royale :

« Du point de vue de la visibilité ensuite, après plus d’un demi-siècle de léthargie et de lente agonie, cette campagne a permis aux royalistes de quitter l’isolement idéologique dans lequel ils s’étaient confinés, et communiquer leurs idées au pays réel. Ainsi, les tractages se sont multipliés pour faire découvrir à nos concitoyens l’alternative royale à nos concitoyens, plusieurs clips vidéos ont été publiés, dont trois sont passés sur des chaînes nationales. L’Alliance Royale et le Groupe d’Action Royaliste ont été contactés par de nombreux journalistes souhaitant connaître les idées de ces royalistes se présentant aux élections : depuis quand n’avait-on pas connu cela ? »

Bilan complet de la campagne : article sur facebook

Un nouveau forum pour la jeunesse Catholique a vu le jour. Une modération cohérente et respectant les sensibilités de chacun : que l’on soit catho tradi ou non.

La seule condition : ne pas soutenir des thèses allant à l’encontre du magistère authentique, de la Doctrine Catholique et de ses dogmes. Toutefois une démarche visant à aller à la renconte de la Vérité sera encouragée.

Une seule adresse : http://jeunescatholiques.forumactif.com/forum.htm

Traduction par constantiam et Choupette.

Dietrich von Hildebrand, que le Pape Pie XII appelait “le docteur de l’Eglise du XX° siècle”, fut l’un des plus grands philosophes catholiques du monde. Le cardinal Ratzinger (aujourd’hui Benoît XVI) a écrit en 2000, à son sujet : « Je suis fermement convaincu que, dans un futur plus ou moins proche, lorsqu’on écrira l’histoire intellectuelle de l’Eglise Catholique du XX° siècle, le nom de Dietrich von Hildebrand ressortira comme l’une des figures les plus éminentes de notre temps. » L’article ci-dessous, de Dietrich von Hildebrand, intitulé « La Communion à la main devrait être interdite » a été publié le 8 novembre 1973.

Il ne fait aucun doute que la communion à la main est l’expression de cette tendance à la désacralisation au sein de l’Eglise en général et d’un manque de respect, lorsque l’on approche de la Sainte Eucharistie en particulier. Le mystère ineffable de la présence réelle du Christ dans l’hostie consacrée nécessite une attitude de profonde déférence. (Saisir le Corps du Christ dans nos mains qui ne sont pas consacrées, comme si c’était juste un bout de pain est en soi une chose profondément irrespectueuse et néfaste pour notre Foi) Avoir affaire avec ce mystère infini comme si nous avions simplement affaire à rien d’autre qu’un bout de pain, chose que nous faisons naturellement tous les jours avec du simple pain, rend plus difficile la pleine expression de la Foi en la présence réelle du Christ. Un tel comportement envers l’hostie consacrée érode notre Foi en la présence réelle et renforce l’idée qu’il ne s’agit que d’un simple symbole du Christ. Prétendre que recevoir le pain dans les mains permet de se rendre compte de la réalité du pain est un argument absurde. La réalité du pain n’est pas ce qui importe, même un athée peut le constater. C’est uniquement le fait que l’hostie est réellement le Corps du Christ qui importe.

Les arguments défendant la Communion dans la main se fondent sur le fait que cette pratique remonte aux premiers temps du Christianisme ne sont pas réellement valables. Ils font fi des dangers inhérents à la réintroduction de cette pratique de nos jours. Le Pape Pie XII condamnait très clairement et sans ambigüité l’idée que l’on puisse réintroduire de nos jours des coutumes du temps des catacombes (Période de l’Eglise primitive sous la persécution). Nous devons par contre renouveler les âmes des catholiques contemporains de cet esprit de ferveur et cette dévotion héroïque que nous trouvons dans la Foi des premiers Chrétiens et de tant de martyrs issus de leurs rangs. Mais adopter simplement leurs coutumes c’est encore autre chose ; ces coutumes ont une toute autre fonction aujourd’hui et nous ne pouvons ni ne devons simplement les réintroduire.

A l’époque des catacombes le danger de désacralisation et d’irrévérence qui sévit aujourd’hui n’existait pas. La distinction entre le séculaire et la Sainte Eglise était constamment présent dans l’esprit des Chrétiens. Ces coutumes qui ne présentaient aucun danger à l’époque constituent un grave danger pastoral de nos jours.

Observons maintenant combien Saint François considérait l’extraordinaire dignité du Prêtre qui résidait exactement en ce qu’il pouvait toujours le Corps du Christ de ses mains consacrées. Saint François disait : « Si je devais rencontrer en même temps un Saint résidant au Paradis et un pauvre Prêtre, il conviendrait que je présente en premier lieu mes respects au Prêtre et que j’embrasse rapidement ses mains. Ensuite je dirais : Attendez, Saint Laurent, les mains de cet homme touche le Verbe Vivant et possède un bien qui surpasse tout ce qui est humain. »

Quelques uns diront : Saint Tarcisius n’a-t-il pas bien donné la Communion alors qu’il n’était pas Prêtre ? Pourtant nul ne s’est scandalisé alors qu’il avait touché de ses mains les Hosties consacrées. Et de nos jours un laïc est autorisé à donner la Communion, en cas d’urgence.
Mais cette exception en cas d’extrême urgence n’est pas quelque chose qui implique un manque de respect pour le saint Corps du Christ. C’est un privilège justifié par l’urgence qui ne devrait pas être accepté sans avoir le cœur tremblant (et doit rester un privilège strictement réservé pour une urgence).

L’enseignement traditionnel de l’Eglise et le Code du Droit Canon de 1917nous le dit.

Plus particulièrement :

Canon 845, § l déclare que le ministre ordinaire de la Sainte Communion est uniquement le Prêtre. Canon 845, § 2 déclare que le ministre extraordinaire ne peut être que le Diacre.

Le livre de théologie sacramentelle, L’Administration des Sacrements (édition de 1963) de Nicholas Halligan, O.P., explique :

« C’est un enseignement des plus certains que seul le Prêtre est le ministre ordinaire de la Saint Communion » (Nicholas Halligan, O.P., L’Administration des Sacrements, 1963, p. 107, Imprimatur: Cardinal Spellman)

« Seul le Prêtre a le droit exclusif de délivrer le Saint Viatique, aussi bien en public qu’en privé à un malade, qu’il soit de sa paroisse ou non. » (p. 108)

« De par son ordination le Diacre est le ministre extraordinaire de la Sainte Communion, sous réserve d’autorisation de l’Ordinaire du lieu ou du Prêtre conféré sous réserve d’un motif sérieux, mais cette permission peut être présumée en cas de besoin. Hors de la stricte nécessité un Diacre ne pourra en aucun cas se justifier d’avoir agi ainsi sans permission. » (p.108)

Mais il y a une grande différence entre le cas où l’on est exceptionnellement autorisé à toucher l’hostie consacrée de nos mains non consacrées et celui on l’on reçoit la Communion dans la main en toute occasion. Être autorisé à toucher l’hostie consacrée de ses mains non-consacrées représente un privilège qui doit nous inspirer une crainte réelle. Si recevoir la Saint Communion dans la main devient la forme normale, alors cette attitude irrespectueuse travaille à l’érosion de la Foi en la présence réelle du Christ.

C’est tenir pour acquis que tout le monde peut recevoir l’hostie consacrée dans ses mains. Le laïc à qui il est donné ce grand privilège, pour des raisons spéciales, de toucher l’hostie a évidemment le droit. Mais il n’y a aucune raison pour recevoir la Communion dans la main : il s’agit uniquement d’un esprit immanent de familiarité inacceptable avec Notre Seigneur.

Premièrement, il y a beaucoup plus d’occasions que des parcelles, même infimes, de l’hostie consacrée puissent tomber. Dans les temps anciens le Prêtre observait avec grand soin qu’aucune parcelle ne tombe sur le sol, et si cela arrivait il prenait alors immédiatement le plus grand soin à ramasser et consommer avec déférence chaque parcelle sacrée. De nos jours, sans raison apparente, certains désirent exposer plus encore l’hostie consacrée à ces dangers. Ceci alors que de nos jours l’hostie est faite pour ressembler de plus en plus à du pain et s’effrite plus facilement.

Deuxièmement, et c’est un problème incomparablement plus grave, le risque qu’un communiant, lorsqu’il ne reçoit pas l’hostie consacrée dans sa bouche, la mette dans sa poche ou la cache d’une quelconque autre manière et ne la consomme point. C’est malheureusement ce qui arrive de nos jours où le satanisme connait un certain regain d’activité. Il est de notoriété que des hosties consacrées sont revendues pour des usages blasphématoires. A Londres le prix à l’unité peut atteindre 30£, ce quoi peut nous rappeler les 30 pièces d’argent que Judas à reçu en livrant Notre Seigneur.

Est-il concevable qu’à défaut de prendre les mesures les plus scrupuleuses pour veiller sur la Très Vénérable Hostie Consacrée, qui est le vrai Corps du Christ, Dieu fait homme, contre toutes les sortes de sévices possible, qu’il y ait tant de gens qui désirent exposer le Corps du Christ à ces risques ? Avons-nous oublié l’existence du diable « qui erre en cherchant qui il pourrait dévorer » ? Son œuvre dans le monde et dans l’Eglise n’est-elle pas suffisamment visible ? Qu’est-ce qui nous donne le droit de présumer que des sévices envers l’Hostie Sainte n’auront pas lieu ?

Plus grand sera notre respect et plus grand sera notre amour, plus grande sera notre prise de conscience de l’infinie sainteté de l’Eucharistie ; plus grande sera notre horreur qu’elle puisse être souillée, et plus grande sera notre ardeur à la défendre des souillures blasphématoires.

Pourquoi, pour l’Amour de Dieu, la Communion à la main devrait-elle est introduite dans nos églises alors qu’il est évident qu’elle est pastoralement néfaste, lorsqu’elle n’engage pas à adopter une déférence à la hauteur de ce que nous recevons, et lorsqu’elle expose l’Eucharistie à toutes ces terribles sévices diaboliques ? Ainsi n’y a-t-il vraiment aucun argument sérieux pour la Communion dans la main, alors que les arguments contre sont des plus graves.

http://www.youtube.com/watch?v=vKnRLUqynds

On peut leur reprocher pas mal de choses à ces gens, mais pas leurs marches militaires !